Des femmes de devoir...

Texte proposé par : JCJugan le 11 juin 2017

Des femmes de devoir...

... ou la Chronique du Vieil Observateur


Drine et Mado, ce matin Ă  la sortie de la grand’messe Ă  Ploudal !

-  Ben on peut pas dire qu’y avait grand monde pour Ă©couter le prĂŞche.

-  Ma foi non, plus ça va, moins y en a ! Pourtant il pleut pas et y fait pas froid…

-  Que veux-tu, le Bon Dieu de nos jours y fait plus recette. Faut dire que les gensses, les jeunes surtout, ne croient plus Ă  grand chose… Nous autres on n’avait que ça et puis, soyons honnĂŞtes, un peu la trouille aussi d’aller en Enfer. Comment qu’on dit ? Ah oui, conditionnĂ©es par les curĂ©s qu’on Ă©tait… Tu crois pas ?

-  C’est sĂ»r, Mado ! La messe en latin on y comprenait rien, c’est vrai, mais d’un autre cĂ´tĂ© ça nous faisait tenir tranquilles… Ma doue, dans le doute j’irai Ă  l’église jusqu’au bout ! Ca serait bĂŞte de rater le Paradis pour quelques messes en moins, on n’sait jamais …

-  Ouais, on verra bien ! En attendant rappelle-toi qu’on va voter ensemble comme on a dit. D’ici Ă  l’Arcadie ça fait pas trop loin Ă  pieds pour deux vieilles… On va passer par la rue de Marguerite, c’est le plus court et comme ça on verra comment qu’il est le jardin de Madame le Maire… Bien tenu Ă  ce qu’il parait ! Elle doit avoir un jardinier qui vient lui arranger ça…

-  Et ben allons-y ! Ce que j’aime pas trop c’est passĂ© devant la maison de retraite et puis après Ă  cĂ´tĂ© du cimetière… C’est pas très encourageant Ă  nos âges !

-  Te plains pas ! Y a quelques annĂ©es y avait en plus le marbrier qui exposait ses monuments funĂ©raires et tout le saint frusquin entre la maison de retraite et le cim’tière ! La totale, quoi…

-  Oui, c’est vrai, je me rappelle ! C’était un peu triste mais ça faisait quand mĂŞme un but de sortie pour les pensionnaires de la maison de retraite.

-  ….

-  Et bien tu vois, nous y voilĂ  ! T’es pas trop fatiguĂ©e au moins ?

-  Non, non, ça va ! On n’a plus qu’à mettre le bulletin… Ici non plus y a pas grand monde ! A ça non plus les gens ne croient plus beaucoup !

-  Et bien voilĂ , on a rempli notre devoir civique comme on dit ! Je te d’mande pas pour qui t’as votĂ© mais je m’en doute un peu… et je te dirai pas non plus qui c’est mon prĂ©fĂ©rĂ©. Ca, c’est l’affaire de chacune et chacun, le p’tit jardin secret s’pas !

-  Dis donc, pendant qu’on est lĂ  on pourrait rendre une p’tite visite Ă  Marie-ThĂ©rèse ! C’est Ă  deux pas et, vas savoir, ça lui fera peut-ĂŞtre plaisir !

-  Marie-ThĂ©rèse ? De qui tu parles ?

-  Marie-ThĂ©rèse Arzel, la femme d’AmĂ©dĂ©e, la belle-sĹ“ur d’Alphonse si tu prĂ©fères ! EnterrĂ©e juste Ă  cĂ´tĂ© qu’elle est… En passant par la porte de derrière y en a pour une minute. DĂ©jĂ  plus d’un an qu’elle est partie, ma doue beniguet, le temps passe de plus en plus vite !

-  Si tu veux on y va ! On sera p’tĂŞt contentes nous aussi un jour prochain d’avoir ce genre d’attentions ! On peut pas savoir…

Juin 2017

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