POkemon Go ses effets secondaires et ses applications originales

Texte proposé par : Freya le 25 octobre 2016

POkemon Go ses effets secondaires et ses applications originales


18 h, mon maĂ®tre va rentrer Ă  la maison. Je l’attends patiemment depuis de longues heures. J’ai envie d’aller me dĂ©gourdir les pattes, "relever mes messages" comme dirait J.M. Bigard, et laisser les miens.
Avant, il rentrait le visage épuisé, prenait la laisse en soupirant et nous faisions juste le tour du pâté de maison.
Maintenant, il ouvre la porte d’une main, son tĂ©lĂ©phone dans l’autre, prend le câble et la petite boĂ®te Ă  cĂ´tĂ© de la laisse et hop, nous voilĂ  partis pour une longue promenade.
PassĂ© le pâtĂ© de maison, nous tournons Ă  droite et une centaine de mètres plus loin, un vrai dĂ©lice : un grand jardin public. Pleins de messages, de copains et mon maĂ®tre semble heureux, mĂŞme s’il lui arrive de parler tout seul "ah zut ratĂ© ", " super, j’ai pris un niveau", etc. Je suis heureux, j’ai mĂŞme perdu 2 kilos.
Par contre, il y a un truc bizarre : les poules couvent leurs Ĺ“ufs pour les faire Ă©clore et il y a toujours un poussin dedans. LĂ , ce sont mes coussinets qui surchauffent et il y a des bĂŞtes toutes diffĂ©rentes dedans. Certaines plaisent Ă  mon maĂ®tre, d’autres l’Ă©nervent, en tous les cas il n’en fait jamais d’omelette !

Je suis assise sur un banc, je profite du beau temps boire le café de mon Thermos avant de rentrer.
Je remarque, amusée, que cela fait quatre fois que la même poussette passe. Une femme la pousse de la main gauche, son téléphone dans la main droite.
De temps en temps, elle s’arrĂŞte, caresse de quelques coups rapides son Ă©cran et repart.
Je souris. Avant, elle avançait rapidement, traversait le jardin public sans s’arrĂŞter jusqu’Ă  sa voiture, installait son bĂ©bĂ© Ă  l’arrière et la poussette se pliait dans le coffre.
Elle avait son visage fermĂ©, stressĂ©e par sa journĂ©e sans doute, courant après le temps. Elle paraĂ®t maintenant plus dĂ©tendue, elle marche, son bĂ©bĂ© prend l’air. Que du bonheur !

Un samedi, dans une ville près de chez moi. Assis, sur un muret avec mon mari. Nous faisons une pause au soleil. Je trie mes captures, il bouquine sur son téléphone.
Un monsieur, qui comme moi, fait partie des dresseurs rares de PokĂ©mon (6 % seulement de dresseurs de + de 50 ans) s’approche. Il me dit avoir remarquĂ© mon câble et me demande si je joue, moi aussi. Il est intĂ©ressĂ© par cette batterie, car il me dit qu’il ne peut marcher plus de 1 h 30 environ avec la batterie de son tĂ©lĂ©phone. Je lui montre la mienne, lĂ©gère et d’un coĂ»t abordable.
Depuis le dĂ©cès de son Ă©pouse, c’est cette application qui l’a, enfin, fait sortir de chez lui tous les jours. Il s’éloigne pour poursuivre sa marche.

Nous nous levons et nous apprĂŞtons Ă  partir quand quatre enfants, accompagnĂ©s d’une grande adolescente, s’approchent alors de nous :
- dis madame, tu joues toi aussi Ă  PokĂ©mon ?
- oui, c’est amusant et j’aime bien ces bestioles
- mais euh, tu as quel âge ?
- 54 ans, et toi ?
- j’ai 8 ans. C’est quoi ton + fort ? .... ah oui quand mĂŞme, dis tu tapes des arènes ?
- oui ça m’arrive quand je peux, ça me permet de PX et c’est sympa de gagner quelques pokĂ©pièces gratuites.
- tu sais le monsieur lĂ -bas qui te parlait tout Ă  l’heure, ben il nous a traitĂ© de petits cons la semaine dernière car nous lui avions tapĂ© son arène.
- tu sais c’est normal qu’il n’ait pas apprĂ©ciĂ©, mais c’est un jeu et je ne pense pas qu’il te l’ait dit mĂ©chamment.
Comme nous parlions, tout en marchant, nous nous sommes rapprochĂ©s de lui. Il s’est inclus dans la conversation et après quelques phrases, leur « diffĂ©rent » Ă©tait oubliĂ© et comme ils se croisent de temps en temps, ils vont s’organiser pour optimiser leurs combats dans les arènes.
Nous sommes repartis, en souriant de ce lien intergénérationnel que ce jeu peut créer.
En vacances, qui n’a pas dĂ©jĂ  Ă©tĂ© se balader dans une grande ville inconnue, suivi le panneau "parking" en ayant repĂ©rĂ© la veille sur internet oĂą se trouvait celui le plus proche du centre-ville et en sortant de sa voiture garĂ©e, restĂ© dubitatif en voyant les 3 ou 4 sorties diffĂ©rentes proposĂ©es.
Ne lancer pas votre GPS, piĂ©ton. Sur votre Ă©cran vous n’aurez qu’une petite boule bleue indiquant votre position. Il vous faudra marcher quelques dizaines de mettre pour savoir dans quelle direction vous marchez. Et pour savoir oĂą se situe la zone des curiositĂ©s intĂ©ressantes et des commerces, il vaut mieux avoir une adresse.
Lancer votre application Pokémon Go. Il suffit de quelques pas pour que votre personnage regarde dans la direction que vous empruntez.
RepĂ©rer la concentration des petits drapeaux bleus des pokestop et vous saurez oĂą aller. Les noms des pokestop, vous feront dĂ©couvrir des petites curiositĂ©s, peu indiquĂ©e sur les guides, des petites rues pittoresques de plus pour retrouver aisĂ©ment votre parking, mĂ©moriser simplement l’arène près de laquelle vous ĂŞtes garĂ©. Elles se voient de loin sur l’Ă©cran et portent toutes un nom diffĂ©rent.

Réfléchir à comment rentabiliser un œuf chance, retenir les noms des évolutions, calculer le nombre de km à parcourir pour récolter le nombre de bonbons pour évoluer un pokémon, gérer le stock de son sac en fonction des combats et des captures, encore autant d’effets secondaires que les non joueurs ne connaissent pas.
Bien sûr, comme dans tout il y a des dérives. Nous ne sommes que des humains.

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