Handicap et chien

Texte proposé par : Maouriane le 16 avril 2009

Handicap et chien


Une bien belle et utile initiative...


Je suis chien d’assistance ou Handi chien ; je suis un Labrador ou un Golden Retriever et je vais apprendre Ă  assister une personne handicapĂ©e.
Moi qui vous parle, je suis en fait une chienne Golden Retriever et j’ai deux mois et demi.
Quand j’avais deux mois, un monsieur est venu Ă  l’élevage oĂą je suis nĂ©e, pour faire passer des tests Ă  tous les bĂ©bĂ©s Golden, nous Ă©tions vingt quatre ; et devinez… j’ai Ă©tĂ© la seule Ă  ĂŞtre sĂ©lectionnĂ©e ; il faut ĂŞtre Ă  la fois docile, attentif, rĂ©ceptif, pas peureux et actif.
Je suis donc repartie avec ce monsieur, dans sa belle voiture et j’ai fait la connaissance, chez lui, de cinq autres chiens, futurs Handi chiens. Ce sont mes nouveaux copains et nous nous verrons souvent.
Le lendemain matin, le monsieur nous a tous emmenĂ©s en voiture pour faire connaissance de nos familles d’accueil chez lesquelles nous allons rester dix huit mois ; tous les quinze jours, nous nous retrouverons, chiens et familles pour travailler avec le monsieur qui est le moniteur.
J’ai donc fait connaissance avec ma famille d’accueil ; c’est un monsieur et une dame et je suis partie avec eux, dans leur voiture. Ils m’ont mis dans le coffre car nous ne voyageons que dans les coffres pour ne pas gĂŞner la conduite. Et j’ai dĂ©couvert leur grande maison (j’ai le droit et c’est conseillĂ©, d’aller dans toutes les pièces) avec un très grand jardin (chouette, je vais pouvoir courir partout et explorer tous les recoins) et trois chats (alors lĂ , il va falloir que j’apprenne Ă  ne pas les courser, ni mordiller leurs queues ! Ca, c’est interdit !), mon coin dodo avec un beau panier et plein de jouets Ă  grignoter pour m’éviter de mordre les pieds de chaises et de tables, ma gamelle ( très important car je vais apprendre Ă  la prendre et Ă  la donner Ă  mes maĂ®tres).
J’ai cru comprendre que c’est surtout la dame qui va s’occuper de moi ; ça me va bien, elle est sympa et elle fait des câlins (c’est indispensable que nous en recevions).
Et voilĂ  ma vie de chien d’assistance qui va commencer ; je vais apprendre plein de trucs : assis, debout, couchĂ©, donner, rapporter, faire des câlins ( les personnes handicapĂ©es aiment que leurs chiens soient câlins ),ouvrir des portes, les refermer, aboyer uniquement quand on me le demande, ne pas descendre de la voiture sans y ĂŞtre autorisĂ©, rester couchĂ©e sous une table quand on va au restaurant, avancer, reculer, apporter ma laisse, payer les courses de mon maĂ®tre, aller chercher des objets et lui apporter, allumer la lumière, ne rĂ©pondre qu’aux ordres de mon maĂ®tre ; apprendre tout ce qui peut amĂ©liorer la vie d’une personne en fauteuil roulant.
Ce qui est super, c’est que je vais aller partout car les Handi chiens ont le droit d’aller dans les grandes surfaces, au cinĂ©ma, dans tous les restaurants, tous les hĂ´tels ; on a mĂŞme le droit de prendre le bus.
On nous reconnaît à notre foulard bleu sur le dos que l’on porte dès qu’on sort de la maison.
Et au bout de dix huit mois, on part tous à Lyon où on retrouve tous les Handi chiens de France qui vont être donnés à leurs maîtres handicapés et pendant six mois, on travaille encore avec un moniteur et notre nouveau maître.
Alors lĂ , c’est un super week end ; on est très nombreux, on se retrouve en meute et on est tous dans un immense parc et on s’amuse ; parfois, ça se bagarre car il y a des dominants qui veulent faire la loi mais après quelques grognements et règlements de comptes, tout rentre dans l’ordre.
Et on dit au revoir Ă  notre famille d’accueil et on part avec notre nouveau maĂ®tre ; nous, nous sommes un peu tristes de quitter notre famille et ça nous perturbe une ou deux journĂ©es mais nos nouveaux maĂ®tres sont tellement heureux de nous avoir comme compagnons (il faut dire qu’ils nous attendent souvent pendant des mois, parfois des annĂ©es), que tout finit par s’arranger.
Et à partir de ce jour, ma vie de chien d’assistance commence.
Je vais apporter Ă  mon maĂ®tre l’aide qui lui permettra de se dĂ©placer, je lui donnerai les objets dont il a besoin, je lui ouvrirai les portes qu’il ne peut ouvrir, j’éclairerai les pièces quand la nuit sera lĂ , j’aboierai en cas de danger, Ă  sa demande, je serai lĂ , toujours avec lui ; je vais devenir son compagnon de vie et je peux vous dire que les personnes handicapĂ©es retrouvent beaucoup de joie de vivre et surtout, une prĂ©sence fidèle, un but, une aide permanente.

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