Le serpent noir

Texte proposé par : JCJugan le 21 octobre 2018

Le serpent noir

... ou la Chronique du Vieil Observateur


Tout d’abord je mets les choses au point ! N’ayant pas de petits-enfants je ne suis pas confrontĂ© Ă  cette nouvelle gĂ©nĂ©ration d’ados ou prĂ©ados et par consĂ©quence, on me l’a dĂ©jĂ  fait remarquer, pas le mieux placĂ© pour en parler mais ça ne m’empĂŞche pas pour autant de dĂ©plorer ce qui se passe dans les Ă©tablissements scolaires... et ailleurs.

Un prof braquĂ© par un Ă©lève muni d’une arme (certes factice mais encore fallait-il le savoir !), d’autres professeurs malmenĂ©s verbalement ou parfois physiquement par ces chères tĂŞtes blondes dont ils ont la charge, un bus scolaire attaquĂ© au pistolet Ă  grenaille, des patrouilles des forces de l’ordre, des pompiers, des ambulanciers agressĂ©s plus particulièrement en banlieue mais pas uniquement, c’est le quotidien que distille les chaĂ®nes d’infos !

Au dĂ©but des annĂ©es 50 j’avais l’âge de ces trublions et mon institutrice s’appelait Madame Saout, Ă©pouse du directeur de cette mĂŞme Ă©cole de Traon Quizac, une Ă©cole d’après-guerre construite Ă  proximitĂ© de quartiers provisoires de baraques, la ville de Brest ayant Ă©tĂ© rasĂ©e par des annĂ©es de bombardement. Une Ă©cole faite de plaques de fibrociment et chauffĂ©e par quelques poĂŞles Ă  charbon, une Ă©cole oĂą se retrouvaient toutes les couches de la population mais une Ă©cole oĂą l’on apprenait les bases de l’instruction mais aussi de l’Ă©ducation selon des mĂ©thodes qui ont portĂ© leurs fruits si j’en crois ce que sont devenus certains de mes copains de classe... aujourd’hui Ă  la retraite !

Des dissipĂ©s, voire quelques rebelles, ça a toujours existĂ© mais dans cette Ă©cole qui devait compter environ trois cents Ă©lèves chez les garçons, (pas de mixitĂ© en primaire Ă  cette Ă©poque !), autant que je sache il n’y a jamais eu de graves manquements Ă  la discipline.

La recette Ă©tait simple : un instituteur qui n’arrivait pas Ă  calmer ses ouailles leur proposait une visite chez le directeur et son serpent noir ! Autant que je m’en souvienne ça calmait les plus excitĂ©s car le serpent noir n’était rien d’autre que le ceinturon de cuir (noir) que portait Monsieur Saout...
S’en est-il servi un jour ? Je ne crois pas et je pense que la menace d’une correction suffisait Ă  calmer les plus rĂ©tifs au règlement de l’école de la RĂ©publique.
Il faut dire qu’à cette Ă©poque le corps enseignant Ă©tait respectĂ© par tous, par les Ă©lèves comme par les parents d’élèves... et qu’une taloche bien mĂ©ritĂ©e ne se terminait pas au tribunal correctionnel !

Bonne continuation...

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